A l’origine, le nom "Shingon" est la traduction d’un mot d’origine sanskrite "mantra", qui signifie "parole vraie". Ces mantras, constitués de syllabes mystiques, étaient en fait des formules
prononcées par les bouddhistes. Ils étaient considérés comme des sons sacrés. Dans l’Inde védique (de 1800 à 800 av. JC), on les répétait pour obtenir des Dieux bonheur, force ou santé...
(...)
Au centre de ce Bouddhisme ésotérique, le Bouddha Mahavairocana (en japonais Dainichi) fait figure de divinité centrale. Ce nom "Mahavairocana" signifie "Le Grand Illuminateur de tout" ;
Symbole de la Vie éternelle et personnification de l’Univers, le Bouddha Mahavairocana est à la fois Tout, et partout (Le Bouddha Sakyamuni n’en est qu’une simple émanation).
Le Shingon, qui s’inspire de cette voix du Véhicule du Diamant, repose aussi sur deux textes sacrés, écrits vers le 2ème siècle en Inde : le Kongôtchô-kyô et le Daïnitchi-kyô.
Le premier présente "le monde du Diamant", c’est-à-dire la sagesse du Bouddha ; cette dernière est comparée à la dureté et à la pureté du diamant, pouvant anéantir tout désirs et
illusions.
Le deuxième texte explique comment obtenir cette sagesse : par la "compassion", les mantras, les mudras (gestes des mains)...
(...)
D’après Aoki Senseï, un des plus grands maîtres Shingon (mort en 1985) :
« Nous ne vivons pas seuls, mais grâce aux autres. Notre vie est un don précieux qu’ils nous font. Aussi devons-nous cultiver un sentiment de respect et de reconnaissance
non seulement vis-à-vis des personnes vivantes ou décédées à qui nous devons d’être là, mais encore pour chaque objet que nous utilisons. La vie est partout et dans chaque
chose... »
http://www.buddhachannel.tv/portail/spip.php?article366
L'enseignement du Shingon se réfère principalement à deux textes sacrés, le Kongôtchô-kyô
(sanscrit : Vajrasekhara Sûtra) et le Daïnitchi-kyô (sanscrit :
Mahâ-Vairocana Sûtra) , écrits vers le IIe siècle au monastère de Nalanda dans le nord de l'Inde.
Cette école bouddhiste du yoga des trois mystères, le « traïguya-yoga », explique qu'il est possible de devenir Bouddha dès
cette vie.
Différentes écoles Shingon japonaises ont des points de vues différents des commentaires du fondateur Kūkai : les écoles
traditionalistes (Kôgi shingon des temples de Koya san, Daigogi, etc) et les réformateurs (shingi shingon branches Buzan Ha et Chizan) des temples Hasédera et Chishakuin) mais pour bien
appréhender ces différences de points de vues il est nécessaire d'être un lettré japonais.
Ces enseignements affirment que la nature originelle de l'esprit de l'homme est pur, c'est le cœur de compassion, la « bodhi », dont l'essence est identique à celle de l'Univers. Ce qui différencie les différentes écoles du Shingon c'est justement les moyens
d'appréhender cette ultime réalité.
D'une façon générale : Si nous souffrons, c'est parce que nous nous attachons à ce qui est impermanent dans ce monde de la forme et du désir, que chacun conçoit ainsi en fonction de ce qu'il
est intérieurement.
Les passions, regroupées sous le vocable de triple poisons (la concupiscence, la colère et l'aveuglement) correspondent à des
forces vitales nécessaires à la survie et au développement de tout organisme animal.
Le désir et l'aversion structurent le moi et l'obligent à se perfectionner pour mieux arriver à ses fins matérielles.
Ces « moyens alchimiques » pour utiliser ces « poisons » en énergies de réalisation spirituelle sont expliqués dans les
seize chapitres du sutra Rish-è, textes de base du mikkyo du bouddhisme Shingon alors que le texte de base de l'école Tendai (Hokké-kyo/sutra du Lotus) explique qu'avant d'avoir accès au mikkyo
(Taimitsu des moines Ennin et de Chisho Daishi) des étapes sont nécessaires avec des voies différentes en fonction du karma de chacun.
Durant de nombreuses vies passées, la nécessité de s'affirmer et de défendre son territoire, malgré et contre les autres, a développé une vision dualiste du monde qui a imprégné le subconscient de tous les êtres.
C'est la principale cause de l'égarement, de la perte d'une perception plus globale de la vie, l'« inscience ».
C'est pourquoi dans le bouddhisme ordinaire, on conçoit que c'est par l'extinction des passions que peut être atteinte l'illumination, ce qui laisserait penser qu'il y a de bonnes et de mauvaises
tendances dans l'être humain, ce qui aurait pour effet de le dualiser, de « diaboliser » sa sensualité. Il ne s'agit pas de renoncer à tous ses besoins, mais de spiritualiser sa vie,
par exemple en mangeant avec un sentiment de reconnaissance vis-à-vis des êtres aux dépens desquels nous nous nourrissons. Ainsi, se nourrir devient une pratique spirituelle, parce qu'absorber de
la nourriture revient à participer au processus de vie de l'univers.
Si d'un point de vue relatif, il reste exact que les passions sont source d'égarement et de souffrance ; dans le vajrayâna les passions sont considérées en vérité absolue de la même nature que l'éveil (soku bodaïshin), car c'est cette
même force vitale qui anime les êtres vers des désirs mondains qui va être transformée, sublimée par alchimie interne en énergie spirituelle de compassion-sagesse, dont l'essence est la nature
ultime de l'univers et de tous les êtres.
Celui qui réalise que le fond de son cœur, « bodhi », est le même que celui de tous les êtres, devient un avec le tout, il dissout son moi dans l'univers comme une goutte d'eau se
dissout dans l'océan.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Shingon
http://www.buddhaline.net/spip.php?article156
Le Shingon, bouddhisme tantrique du japon
Le Shingon Dharani Shu est l’enseignement très secret de la parole sacrée du Bouddha en état d’illumination.
Par Thierry Mollandin
Le Shingon est le bouddhisme tantrique du japon, c’est le "Mikkyo" terme traduisant le sanscrit guyayana (véhicule des secrets).
Cet enseignement provenant de l’Inde du nord , a été reçu en chine par un moine japonais kukaï qui cherchait a comprendre un texte ésotérique le Mahaavairocanaabhisambodhi. A
cette époque bien que ce tantra ai été apporté au japon, personne ne pouvait en expliquer le sens.
Très jeune kukaï avait de fortes disposition pour la pratique spirituelle, une représentation japonaise classique le montre d’ailleurs enfant assis sur un lotus, lui même disait que dans son
enfance il rêvait de nombreux bouddhas qui venaient le visiter. Adolescent il fut initié a un rituel tantrique, le gumanji ho qui consistait en une pratique assidue du boddhisattva Akashargarbha,
le gardien des trésors du ciel.
Cette pratique consiste parallèlement à une pratique de purification très strict à répéter sur une période de 50 ou 100 jours le mantra d’Akasha (jap kokuzo) pour atteindre le chiffre d’1
million. Il fit cette pratique de nombreuses fois et à l’issue d’une d’entre vit un matin l’étoile venus, l’étoile de l’aube que symbolise Akasha entrer en lui et lui apporter l’illumination. Il
n’est pas inutile de faire le rapprochement avec Sakyamuni et son expérience de l’éveil, cette pratique visant à en recréer les conditions.
C’est donc au début du IX siècle que Kukaï, connu ultérieurement sous son titre posthume et honorifique de Kôbô Daïshi, le grand instructeur de la loi, décida à l’issue de nombreuses années
consacrées à l’ascèse, de partir en chine d’ou il reçu de son maître Keika Aajari (houei kuo) la doctrine bouddhiste ésotérique chinoise, ce vers 804. La lignée de transmission donnée par la
tradition Shingon est la suivante Mahavairocana, Vajrasattva, Nagarjuna, Nagabodhi, Vajrabodhi, Amoghavajra, Houei Kuo et Kukaï.
De retour au Japon Kukaï structura cet enseignement sur le plan doctrinal et lui donna le nom de Shingon-Shu, qui signifie école de la vraie parole.
Le nom Shingon est la traduction d’un mot d’origine sanscrite "mantra" qui signifie "instrument de pensée".
Kobo Daishi choisi de donner le nom de Shingon à son école, car l’usage des sons sacrés est un des points essentiels de son enseignement. D’après le texte Shoigyo, le Shingon Dharani Shu est
l’enseignement très secret de la parole sacrée du Bouddha en état d’illumination.
Il est a noter qu’en chine l’école ésotérique déclina peu après, suite a une persécution organisée par un empereur manipulé par le clergé taoïste, une partie de cette enseignement survécue dans
le Mi Tsung chinois, l’école des secrets et une autre fut réintroduit ultérieurement en chine par des empereurs mongols liés a des lignées tibétaines.
Très syncrétique le Shingon réunit deux pratiques qui étaient à l’époque séparées, celle du mahavairocana tantra et celle du yoga tantra les considérant comme deux faces d’une même médaille ou
deux aspect de la réalité, monde phénoménal, monde de l’esprit, les considérant comme une et non duelles.
Très vite les divinités shinto furent bouddhéisés et considérées comme l’émanation de boddhisattvas ce qui donna naissance a une pratique appelée le Ryobu shinto et à l’interpénétration des
pratiques shinto au sein du bouddhisme et bouddhiste au sein du shinto.
Très présent dans la vie japonaise le Shingon compte plus de 12000 temples, chaque temple est dédié a un bouddha, un boddhisattva, voir un déva particulier, les plus vénérés étant Vairocana, le
bouddha de médecine, Amida, ou encore Achalanatha principal protecteur au japon mais cela peut aussi être Rajagara, Ganesh, Sarasvati, Mahakala, Vaisravna qui sont priés par les japonais pour des
buts principalement mondains, protection, santé, obtention de biens matériels etc.
La pratique se divise en pratique mondaine ou extra mondaine, mondaine elle vise aux bien de ce monde et supra mondaine à l’accomplissement de la siddhi suprême, l’illumination en une vie,
« Sokushin Jobutsu ».
Les quatre rituels principaux pratiqués par les moines Shingon sont le juatchido ou rituel des 18 mudras, le rituel du mandala du taizokai (la matrice) celui du kongakai (le vajra) et les rituels
de feu (goma) extrêmement répandu et couramment exécutés au japon, pays traditionnellement au contact des éléments comme l’on peut le voir avec les ascèses sous les cascades exécutées hiver comme
été.
La méditation qui n’est pas sans analogie avec le dzogchen utilise en support la lettre A dessinée en Siddham et posée sur un lotus, ce dans une lune blanche ce détachant sur un fond
noir.
De nombreux textes décrivent cette méditation très pratiquée dans le tantrisme japonais et considérée comme le cœur de la méditation Shingon.
Janvier 2001
Thierry Mollandin
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